La dépression : éléments de définition
La dépression correspond à une modification profonde de l’humeur. La souffrance morale et la tristesse y sont prédominantes et sont associées à un désinvestissement de toutes les activités (1). S’exprimant à des degrés divers, la dépression se traduit par un repli sur soi plus ou moins important. La culpabilité lui est bien souvent associée.
Elle peut coïncider avec la perte d’un objet d’amour préalablement investi, un parent, un proche, mais peut également s’installer sans qu’un deuil en ait été le déclencheur. La perte est dès lors à entendre comme relevant d’une séparation plutôt que réduite au Réel de la mort.
Cette perte de l’objet peut par exemple s’exprimer à travers un sentiment d’ennui à vivre, ou encore à travers une déception éprouvée en écho à une obstination à soutenir le désir de l’Autre plutôt que le sien.
Dans la dépression, la libido est investie pour nourrir les pensées douloureuses. Ces pensées correspondent à des reproches et de la haine de soi. Elles ne sont d’ailleurs pas toujours identifiées comme telles dans un premier temps.
Traitement et évolution possible à la dépression
Considérer la dépression comme une maladie dont le Moi ne veut dès lors rien savoir revient bien souvent à s’en déresponsabiliser et à attendre de l’autre (généralement représenté par la figure du médecin) que celui-ci vienne résoudre la souffrance éprouvée.
Or, même si cette souffrance peut devenir insupportable et que les médicaments prescrits par le médecin peuvent alors se révéler d’une grande aide, ils n’ont pas, à l’heure actuelle, de prétention curative. C’est d’ailleurs l’une de raisons pour laquelle, lorsqu’elles constituent la seule réponse à la dépression, les prescriptions d’antidépresseurs sont importantes et se chronicisent.
La visée en psychanalyse est, plutôt que de faire taire le symptôme et donc ici la dépression, d’inviter le psychanalysant à associer librement ses pensées, à parler son corps et ses rêves. Cette technique vise à permettre le retour du refoulé dont seul l’affect a subsisté et vient se représenter dans l’actuel sous forme de dépression.
Il ne s’agit donc pas, avec la psychanalyse, d’annuler ce qui tend à s’exprimer à travers la dépression et ses différents symptômes. Au cours du travail de psychothérapie puis de psychanalyse, la libido qui jusqu’alors nourrissait cette voie symptomatique, va progressivement être investie ailleurs, jusqu’à ne plus nourrir cette première voie.
Il en demeurera qu’être désirant implique de composer avec le manque.
(1) Chemama, R. & Vandermersch, B. Dictionnaire de la psychanalyse, Larousse, 2018.
Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è